Exigences élevées, manque de reconnaissance
Tous les mécaniciens/-ennes B100 ne sont pas employé-e-s dans la fonction de « conducteur/-trice de véhicules moteurs B100 » mais, à la Journée B100, il y avait aussi des collègues qui travaillent comme monteurs et qui ont une fonction complémentaire de B100. Il en résulte des différences dans les niveaux d’exigences et donc de salaire. Et cela dépend du domaine dans lequel on est employé par les CFF. A CFF Cargo, il y aura dès l’année prochaine un nouveau profil métier « mécanicien/-enne Cargo cat. B100 » (voir aussi). Ces mécanos peuvent passer du niveau d’exigences F au niveau G s’ils ont trois notes à leur partition, soit les formations « Visite opérationnelle du train (BZU)», « Examinateur wagons et chargement (PWL) » et « Télécommande par radio (TCR) ». Il en va autrement à Infrastructure : la Direction Disponibilité et Entretien (I-VU) avait promis aux mécaniciens/-ennes B100 une « compensation de marché » de 3000 francs. En revanche, les B100 d’Intervention n’ont pas reçu cette compensation ou pas encore. Ils ont déposé une pétition, à la suite de laquelle des discussions ont été entamées pour clarifier la situation (voir Journal SEV 3/22). A Voyageurs, les mécaniciens/-ennes B100 sont intégrés dans le système salarial. Ils bénéficient de ce à quoi les autres ne peuvent que rêver jusqu’ici.
Malgré des améliorations dans divers domaines de travail, la grogne règne un peu partout. « On nous en demande toujours plus sur le plan de la formation mais les salaires stagnent », ainsi s’exprime un collègue. « On aimerait parfois que les gens des RH nous accompagnent une journée pour se faire une idée de ce qu’est notre travail », ajoute un autre collègue. Les perspectives sont souvent absentes lorsqu’on a atteint le sommet de la courbe salariale. Rien d’étonnant à ce que précisément de jeunes mécaniciens/-ennes B100 soient débauchés par des entreprises de transport privées où leur salaire augmente rapidement de quelques milliers de francs – car foncièrement ces travailleurs sont recherchés sur le marché du travail. La pénurie de spécialistes existe là aussi.
« NOUS SOMMES MÉCANICIENS ET MÉCANICIENNES ! »
Ce que les mécaniciens/-ennes B100 ont en commun, c’est qu’ils exercent souvent des fonctions-clés dans leur domaine. Sans eux, rien ne marcherait aux CFF. Mais ce qu’ils ont aussi le plus souvent en commun, c’est qu’ils doivent lutter pour qu’on estime leur travail. C’est de reconnaissance qu’ils manquent. « Nous voulons être reconnus comme des mécaniciens et mécaniciennes. Car c’est ce que nous sommes », dit un collègue avec véhémence.
Les échanges et partages qui ont eu lieu lors de cette Journée à Olten sont un pas important vers des améliorations pour tous les mécaniciens/-ennes B100 des CFF. Le prochain pas pourrait être la formulation de revendications communes, par exemple que tous les B100 puissent atteindre partout le niveau d’exigences G.
En guise de conclusion, René Zürcher a déclaré : « Nous ne pouvons par vous promettre actuellement une augmentation de salaire du jour au lendemain. Nous n’en sommes qu’au début. Mais c’est le début de quelque chose de vraiment nouveau et important. » Du point de vue des échanges, la première Journée B100 du SEV a été un succès. Ces échanges doivent se poursuivre maintenant et une nouvelle Journée suisse B100 a déjà été fixée au 5 juin 2023.
Michael Spahr