La réforme entraînerait de nouvelles pertes de rentes pouvant aller jusqu'à 3240 francs par an. Et ce, bien que le renchérissement mange déjà une rente mensuelle. Et les dix dernières années dans le 2e pilier ont déjà été dramatiques pour les salariés. La réforme adoptée par le Parlement ne fait pas seulement abstraction du fait que les taux de conversion et les rentes baissent déjà depuis plusieurs années. De même, le net revirement des taux d'intérêt et le renchérissement élevé sont complètement ignorés.
Continuer à baisser les rentes malgré le retournement des taux d'intérêt est une erreur. C'est pourtant ce que demande le Parlement : de nouvelles baisses de rentes allant jusqu'à 15%. Après AVS 21, ce projet signifierait en outre une nouvelle détérioration pour les femmes. C'est justement la génération qui sera touchée par le relèvement de l'âge de la retraite qui devrait payer des cotisations plus élevées pendant le reste de sa vie active, qui recevrait un salaire net moins élevé - et qui toucherait en contrepartie des rentes moins élevées ou, tout au plus, aussi élevées. Les femmes devraient payer une deuxième fois la note. Enfin, la réforme est également un échec d'un point de vue technique : Elle rend le 2e pilier encore plus opaque, plus coûteux - et finalement arbitraire. Cela déstabilisera encore davantage la confiance dans le 2e pilier.
Outre la votation sur la réforme de la LPP, nous voterons probablement aussi le 3 mars 2024 sur l'introduction d'une 13e rente AVS. Contrairement à la réforme de la LPP, nous disons oui à une 13e rente AVS, car celle-ci est indispensable pour stopper la perte du pouvoir d'achat des retraités.